Je n’aime pas et je le dis !

 

Ah oui, je sais… comme me le disait ma sœur hier : laisse tomber, perds pas ton temps avec ça… mais bon que voulez-vous ? J’ai une grande gueule et je suis impulsive !

Circule sur les RS cet article : pourquoi ne faut-il pas chroniquer les livres qu’on a pas aimé ou pas compris ?

Quand les trucs m’agacent, je cible rarement les gens par je tâche toujours de faires des généralités : c’est plus facile ensuite pour potasser le truc et puis bon, les attaques personnelles, j’aime pas trop ça. Mais là, je vais tacler…

Cet article est en premier lieu naïf, mais pointe, mine de rien, quelques problèmes. Oui, certain/e/s blogueur/euse/s ont des comportements de merde. Quelle découverte ! C’est bien connu, le monde littéraire est un monde sain (t) où tout le monde s’aime.

Hélas, triste constat.

Mais 1) si le/la blogueur/euse a acheté le livre… Bin pardon, c’est son DROIT de dire qu’il/elle n’a pas aimé (on reviendra sur la forme)… C’est con hein…

2) pour éviter les merdes, les déceptions ou encore les conflits, on cible ses blogueur/euse/s pour les SP. Si tu envoies ta romance « jeune fille rencontre beau jeune homme ténébreux qui l’entraine dans un autre monde » à quelqu’un comme moi, vous avez des risques d’être très déçu. Après si c’est votre éditeur qui bazarde des SP à tour de bras au premier blog venu, allez vous en prendre à votre éditeur !

Ensuite, si sur les blogs, auteur/autrice, tu attends un très ultra constructif tu risques d’être déçu, car bon nombre d’entres nous ne sommes pas des « critiques » comme on le faisait en classe de français. On se contente de donner notre avis, notre ressentie, qui EN RIEN ne relève de la vérité absolue ! Si j’ai envie de dire : « c’est de la merde » (comme Jean-Pierre Koff), j’ai le DROIT ! Sans plus d’argumentation. Je suis bien d’accord que ce n’est pas plaisant, mais c’est comme ça.

Et si je veux le crier sur tous les sites du net, j’ai aussi le DROIT !

Si t’as pas les reins assez solides pour encaisser ce genre d’avis, change de métier !

Après, si tu veux UNE VRAIE critique, envoie ton livre à des « spécialistes ». Mais dis-toi bien une chose : tu risques de pleurer après ! Parce que je suis sûre que des mecs comme Pivot t’en mettrons bien plus dans la gueule qu’un/e illustre inconnu/e qui tient un « petit blog » qui se limiterait à dire, c’est de la merde….

D’ailleurs, comme tu parles de Gérard Collard, voilà un exemple parfait de son « objectivité ».

Je regrette de ne pas avoir retrouvé la chronique où il disait qu’il espérait qu’Amélie Nothomb meurt vite pour qu’elle arrête de publier… Si ça, c’est objectif, ni de l’attaque personnelle, je ne sais pas ce que c’est… toujours envie d’être chroniqué par Collard ?

Ensuite, cet article parle d’état d’âme de l’auteur/autrice et de la chaine du livre. Je vais passer pour une grosse salope, mais je m’en fou parce que je dis ce que je pense : tes états d’âme, je M’EN BRANLE ! Royalement. Quand je lis un livre, je ne me dis pas « ho la la, ce livre a été écrit avec amour et l’auteur/trice y a passé du temps » ou « oh mon dieu, je n’ai pas aimé il ne faut surtout pas le dire, je ne voudrais pas que l’auteur/trice déprime et se suicide à cause de mon avis, moi, petite blogueuse inconnue qui fait 150 visites maximum par article publié ».

J’ai lu deux Julien Gracq. Je n’ai pas aimé… je l’ai dit. J’aurai peut-être dû aller cracher sur sa tombe plutôt non ? C’est quand même pas mal quand les auteur/trice/s sont morts, ils sont visiblement moins chiants… D’ailleurs, je reviendrais sur les liens auteur/trice/s et chroniques.

MERDE !

Ta culpabilisation, tu peux te la garder !

Je vais encore une fois mettre les choses au point : ce n’est pas parce que tu passes du TEMPS sur ton livre qu’il sera bon ! Ouais, c’est moche, mais c’est comme ça ! T’es autrice, c’est con, moi aussi ! J’ai du recul sur ce que je fais !

Allez, faisons un peu d’égocentrisme pour illustrer ce point. Je bosse sur mon « premier » roman. Je mets premier entre guillemets parce que des romans, j’en ai déjà écrit 6 (j’ai commencé a 17 ans). Mais le « premier » roman est vraiment le premier que j’espère voir aboutir. Actuellement, le roman fait 255 pages. J’écris en moyenne 1 page par heure. J’ai donc déjà 255 h de boulot dans les pattes ! Et je suis sur la première phase de correction. Rien que le premier chapitre, j’y ai passé 10 h ! La première correction faite, le roman passera en bêta pour faire ensuite une seconde phase de corrections. Je pense que je vais en avoir pour au moins 800 h de boulot… Mais ce n’est pas parce que j’aurai passé tout ce temps dessus qu’il sera BON ! Moralement, c’est rinçant, mais c’est comme ça !

Alors oui, si demain le livre sort et qu’on me dit que le livre n’est pas travaillé ou qu’on n’a pas aimé, je vais l’avoir mauvaise (je suis humaine après tout). Mais c’est comme ça !

J’ai vu que tu avais fait des études ; tu as fait un mémoire ? Quand toi tu bosses min 8 h par jours tous les jours (sauf le dimanche, je me reposais : je bossais 4 h max) pendant 8 mois, que tu rends un mémoire de 180 pages et que tu te tapes 11, tu l’as mauvaise ; surtout quand le mec d’à côté il fait un mémoire de 30 pages ! qu’il a mis trois pour le faire parce que le sujet était pauvrissime et qu’il a 18 !

Donc pitié, les états d’âmes des auteur/trice/s… Merde.

Et pour la pauvre chaîne du livre, je dis merde aussi ! Quand tu n’aimes pas un film et que tu le dis, je peux t’assurer que tu défonces bien plus de monde ! Et quand j’ai défoncé La Princesse de Montpensier l’autre jour, je n’ai pas pleuré dans mon coin en me disant que le réalisateur, les acteurs/trices allaient être malheureux… Faut arrêter le délire.

 

Si tu te sens exister comme auteur/trice par les chroniques, change de métier ! Point égocentrique : j’ai vendu plus de 100 exemplaires de Chimères, j’ai une dizaine de chroniques… Si les gens ne chroniquent pas s’ils n’aiment pas, ça veut dire que les 90 autres n’ont pas aimé ! Oh putain mon dieu ! Je suis une autrice ratée, mon travail c’est de la merde, je vais me suicider !

Non, ce n’est pas ça : la majorité du lectorat n’a pas de blog… C’est tout… donc savoir ce que les gens en pensent, nous ne le saurons jamais…

 

NON, les bloggeur/euse/s n’ont pas d’influences sur la vie d’un livre… ou si peu ! Parce que nous, bloggeur/bloggeuse/s, nous n’avons pas la VÉRITÉ ! Si en lisant mes avis (encore un peu d’égocentrisme) tu penses que c’est LA RÉALITÉ et qu’il n’y en a pas d’autres… Bin ce n’est pas ma faute si tu n’as pas d’esprit critique… Or, toi qui a écrit cet article, l’esprit critique tu devrais en avoir. Donc si tu ne sais pas l’utiliser sur tes productions, ce n’est pas la faute des bloggeur/euse/s (même si j’admets qu’il y a des comportements pourris).

Tout ce blabla m’amène à quelque chose qui me hérisse souvent le poil : l’autocensure ! Et actuellement, peu importe quoi, il ne fait pas bon « ne pas aimer ».

Mais petite digression.

« Ne pas aimer », ce n’est pas forcement parce que c’est nul, pourri, à jeter. Il y a des livres que je n’ai pas aimés, mais pas parce qu’ils sont pourris, juste parce que ce n’est pas mon truc, que je n’ai pas accroché… C’est tout.

Il y a des trucs que j’aime et qui sont pourris ! Je kiff un film qui a raflé plein de prix aux Razzies Awards… J’adore les films d’héroic-fantasy qui passe sur NRJ12 comme King Rising ou encore Wolfhound ! Ces films sont moisis, mais j’aime quand même…

Donc, 1) il faut apprendre à faire la différence entre aimer/pas aimer et bien/pourri, 2) avoir assez de recul, d’esprit critique et d’acceptation de soi pour reconnaitre qu’on aime parfois des choses mauvaises…

Pour en revenir sur l’autocensure. Il y a plusieurs types. J’ai une amie qui ne chronique que des trucs qu’elle aime parce que c’est son choix « éditorial » (si je peux me permettre cette expression) parce qu’elle envie de faire partager que des choses « positives » et qui lui ont plus. D’ailleurs, généralement, les livres qui l’ennuient ou qui ne lui plaisent pas, elle ne les finit pas (parce qu’elle a autre chose à lire de plus intéressant). C’est un choix que je comprends et je respecte. Je pense que beaucoup de gens font ça. Et je pense que c’est sain parce que cohérent avec leur choix.

Et puis il y a les horribles/méchants/gens comme moi (je m’appelle Moriarty après tout). J’ai une politique sur mon blog : je chronique ce que je lis et surtout, je dis ce que je pense. Et ce que les gens en penseront ensuite (d’accord avec moi, pas d’accord avec moi), je m’en branle aussi. D’ailleurs, j’adore savoir pourquoi les gens ne sont pas d’accord avec moi.

 

Parce que pour moi, l’autocensure relève souvent de l’hypocrisie. « Oh mon dieu, je n’ai pas aimé le livre, mais c’est pas grave je vais quand même dire que c’est bien pour ne pas froisser l’auteur/autrice, mais c’est quand même bien de la merde »… Je vais encore faire un peu d’égocentrisme avec deux exemples.

Une amie à la peau très claire (et qui rougie aux moindres efforts, genre longer le couloir de BU) s’est un jour fait une coloration blond platine (pour plaire à son côté). C’était immonde sur elle et je lui aie dit. Là vous allez dire, mais ça ne se fait pas ! Tu es une sale connasse (oui, merci je sais, on me le dit depuis 20 ans). Ce n’était pas juste moche où y a un moment tu t’en fou… Non, c’était vraiment immonde ! En attendant, des amis qui n’ont rien osé dire pour ne pas « la vexer » sont venus me dire merci pour avoir osé lui dire la vérité qu’ils ont tu, voire pire, qu’ils ont menti ! Je ne suis pas toujours être cash, c’est normal, mais il faut aussi savoir dire les choses.

Autre exemple, un éditeur que j’apprécie humainement me propose un SP d’un livre qui parle d’archéo et de Moyen-Age, livre qu’il est tout enthousiasme de me donner parce qu’il connait mon parcours en archéo. Je suis ravie. Hélas, je n’apprécie pas ma lecture. Bon, je disais que les états des auteur/trice/s je m’en fichais, mais pas complètement non plus (je suis humaine). Ma politique du blog est de publier mes avis quoi qu’il arrive. Mais comme je suis polie, à l’occasion d’un festival, je vais le prévenir que ma chronique ne sera pas bonne (et annoncer ce genre de chose, ce n’est jamais plaisant). Il m’a vu arrivé, il a décoché un grand sourire et il m’a demandé, enthousiasme, si j’avais aimé. Le monde s’est écroulé autour de moi. Parce que tu sais, à ce moment-là que, soit tu es malhonnête avec toi-même, tu lui mens pour lui faire plaisir et tu souffres de ta lâcheté ; soit tu es honnête, tu le vexes/le blesse/lui fait perdre son enthousiasme, mais au fond de toi tu es restée toi-même… N’allez donc pas imaginer que c’est facile ! Mais perso, je préfère passer pour une connasse qui dit ce qu’elle pense (mais qui ne détient pas la vérité) plutôt qu’être une grosse hypocrite.

Mais bon, après tout, pourquoi pas ? Pourquoi dire qu’on n’aime pas quand on peut fermer sa gueule ? Ton voisin bat sa femme, tu n’aimes pas ? Mais ce n’est pas bien de ne pas aimer… et puis bon, ton voisin pourrait mal le prendre si tu lui faire une remarque.

Un gouvernement envoie une partie de la population dans des camps… On n’aime pas, mais on va ne rien dire, ça pourrait vexer les politiques qui œuvrent pour notre bien-être.

Vous allez dire que je vais trop loin, que ça n’a rien à voir… Certes, c’est un peu exagérer… Mais l’autocensure, c’est aussi ça…

Ne pas aimer et le dire, c’est un choix… Chacun fait ses choix. Certains sont respectables (ne voulait donner que du positif), d’autres moins…

Enfin dans cet article, il y a des trucs qui m’agacent. Tes petits conseils sur le comportement de devrait adopter les bloggeur/euse/s me sont insupportables. Chacun blog comme il veut. Oui, certains vont le faire comme des connards, mais on n’y peut rien…

Surtout que parfois, on a quand même l’impression que tu nous prends pour des cons. « Lisez des livres qui vous plaisent »… Perso, avant d’avoir lu le livre, je ne sais pas s’il me plait. Bon, on est d’accord, je pense que tu as voulu dire que nous avons nos gouts et que faire exprès de lire des livres dont on sait par avance qu’il y a 90 % de chances qui ne nous plairont pas c’est con. Mais voilà, restez dans sa zone de confort, c’est con aussi… Et parfois, on peut faire de belles découvertes…

« Lis des livres de ton niveau de lecture »… En lisant ça, je pense à cette vidéo.

Bon, médite sur ça… Je ne suis pas sûre que ce soient ce que tu voulais dire, mais c’est comme ça qu’on le prend…

« Ne perds pas ton temps » et « ne fait pas perdre celui des autres ». Je perds mon temps comme je veux et ensuite, je ne pense pas que dire qu’on n’a pas aimé un livre soit « perdre son temps ». Bien au contraire, ça pourrait éventuellement dans certains cas restreints chez des personnes qui me connaissent bien et qui ont des gouts communs/différents de moi leur éviter de perdre leur temps.

Enfin, ton article, autrice, me fait de la peine. Pourquoi ? Parce que tu viens de te tirer une balle dans le pied. Ton livre n’est pas encore sorti que tu réussis déjà à exciter toute la blogosphère. Et par expérience, ce n’est jamais très positif… C’est même pire qu’une mauvaise chronique.

Pourquoi ? Bin parce que les gens ne vont pas envie de lire un bouquin de quelqu’un qui ne supporte pas qu’on lui critique son livre (même si c’est chiant d’avoir juste une phrase : c’est de la merde ; parce que bon, je ne vois personne se plaindre quand la phrase est : j’ai adoré).

Tu es archéo. Cool, moi aussi (enfin, je cherche du boulot, mais enfin bref…). Tu aimes les contes et les légendes ? Cool moi aussi ! On a plein de points communs ! C’est super ça ! Ton livre a l’air sympa… mais quand je vois ton article… ben j’ai plus envie… Personne n’a envie de lire le bouquin d’une autrice qu’on ne connait pas et qui vient donner des leçons de morale aux bloggeur/euse/s sur la manière de se comporter (même s’il y a des comportements moisis) et qui cherche à les faire culpabiliser alors que cette même autrice semble beaucoup tenir aux dites chroniques…

C’est dommage…

Bref… Cet article est long, mais j’avoue que cette affaire me tape sur le système.

1)      Des bloggeur/euse/s se comportent comme des connards, n’envoyer pas de SP

2)      Les chroniques négatives sont une chose, mais n’en faites pas une maladie. Faites un bilan des avis au bout de plusieurs mois… Et tirez les conclusions

3)      Ne donnez pas de leçon de morale sur la manière de blogger des uns et des autres. Tout le monde a le DROIT de faire ce qu’il veut (dans le cadre de la loi)

4)      On a le DROIT de dire qu’on n’aime pas, avec ou sans explications, même si c’est chiant.

 

Moi je le cri très fort : DITES QUAND VOUS N’AIMEZ PAS ! Argumentez-le ! Et puis si vous ne le voulez pas, ne le faites pas…

Perso, je n’ai pas à justifier mes choix.

À bon entendeur…

 

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