Phoolan Devi, reine des bandits

« Phoolan Devi, reine des bandits » est une BD de Claire Fauvel.

 

Synopsis :

Tout prédestinait Phoolan Devi à la trajectoire flamboyante qu’elle s’est choisie.
Née en 1963 au Nord de l’Inde et issue d’une très basse caste, elle est dès l’enfance confrontée à la pauvreté, à la violence et à l’injustice. Mariée de force à 11 ans, violée et séquestrée pendant des mois avant que ses parents ne la récupèrent, elle devient la paria de son village et doit son salut à un gang de bandits. À partir de ce moment, elle n’aura de cesse de lutter contre l’injustice et protéger les plus faibles.

 

 

Avis :

Une BD que j’ai adorée !

 

J’ai découvert Phoolan Devi dans la BD « Les Culottées » de Penélope Bagieu. Une brigande qui terrorisa une partie de l’Inde en son temps (pas si lointain), une femme assoiffée de justice qui a rendu aux hommes les coups qu’ils lui avaient portés.

 

Cette BD est une adaptation de son autobiographie (écrite sous dictée, Phoolan ne savait pas écrire). J’ai le livre, mais je ne l’ai pas encore lu. La BD résume sa vie jusqu’à sa libération de prison. Elle ne prend pas en compte la carrière politique de Phoolan Devi.

Et ici, l’autrice – également illustratrice, parce que Claire Fauvel fait tout ! — nous dévoile donc l’existence de cette femme admirable et combative. Ah aucun moment, elle n’hésite à montrer l’horreur – comme la pédophilie et les viols collectifs – sans le rendre « romantique ». Bien au contraire, on est dans une sombre et sordide réalité, celles de la misère, des castes et des femmes en Inde. Phoolan Devi cumulait les trois ! On y découvre une banalité de la violence envers les femmes et les fillettes. Phoolan se dressera et luttera contre ces porcs (#metoo) qui usent et abusent des plus faibles.

 

On découvrira aussi son parcours comme brigande, héroïne, mais aussi hors-la-loi, tout pareil. L’autrice ne passe pas sous silence les moments sombre et violent de la vie de Phoolan. Mais elle y montre aussi sa dévotion pour celles et ceux qui souffrent de la misère.

 

Ce qui est assez incroyable dans ce récit tout en horreur, mais aussi en moment d’espoir et de liberté, c’est que ce n’était il n’y a pas si longtemps, puisque Phoolan sera abattu en 1996 ! On découvre l’Inde d’une autre manière, loin du XIXe siècle idéalisé et exotique, loin des maharadjas et des belles danseuses. Une Inde bien plus moderne et sombre.

 

Et si je pense que cette BD a autant de puissance dans son propos, c’est grâce au dessin de l’autrice. Celui-ci est trop organique, ce qui donne de la vie aux personnages et rend horribles certaines scènes. C’est viscéral.

 

 

J’ai pris un grand plaisir à lire cette BD même s’il n’est jamais agréable de voir l’horreur d’une vie de misère, surtout celle de Phoolan Devi. Je pense que cette œuvre rend hommage à cette personnalité hors du commun, un exemple à sa manière : parfois, la justice se fait dans l’illégalité, surtout quand les hommes jugent et contrôlent.

Une histoire sombre, mais vraie !

 

À découvrir d’urgence !

 

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