Qui a peur de la mort ?

« Qui a peur de la mort ? » est un roman de Nnedi Okorafor.

 

Synopsis :

Afrique, après l’apocalypse.
Le monde a changé de bien des façons, mais la guerre continue d’ensanglanter la terre. Une femme survit à l’anéantissement de son village et au viol commis par un général ennemi avant de partir errer dans le désert dans l’espoir d’y mourir. Mais au lieu de cela, elle donne naissance à une petite fille dont la peau et les cheveux ont la couleur du sable.
Persuadée que son enfant est différente, elle la nomme Onyesonwu, ce qui signifie, dans une langue ancienne :
« Qui a peur de la mort ? »
À mesure qu’elle grandit, Onyesonwu comprend qu’elle porte les stigmates de sa brutale conception. Elle est « ewu » : une enfant du viol que la société considère comme un être qui deviendra violent à son tour, une bâtarde rejetée par les deux peuples.
Mais sa destinée mystique et sa nature rebelle la poussent à se lancer dans un voyage qui la forcera à affronter sa nature, la tradition, les mystères spirituels de sa culture, et à apprendre enfin pourquoi elle a reçu le nom qu’elle porte.

 

 

Avis :

Un livre qui m’a un peu déçu…

 

… car probablement qu’il m’a été un peu trop survendu.

De plus, avant de continuer, je tiens à dire que je ne crois pas avoir déjà lu un livre qui relève du genre post-apocalyptique. Peut-être que c’est un genre qui n’est pas pour moi…

 

Bref, quoiqu’il en soit et bien que cet ouvrage ne soit pas pour moi, je ne pense pas que ce soit un mauvais livre, bien au contraire.

 

Je ne suis pas forcément friande des lectures à la première personne. Mais il faut bien reconnaitre que l’autrice a su insuffler autant de douceur que de violence dans la narration de sa courageuse et intrépide héroïne Onyesonwu. Parfois, je suis sûre que le récit est à la limite de la biographie.

Cette narration à la première personne m’a peut-être un peu gêné dans ma découverte de cet univers. Onye ne s’y attarde pas, ce qui est normal. Et ce qui m’a donné un peu de peine pour l’appréhender, surtout dans son aspect post-apo.

Sinon, j’ai beaucoup apprécié cet univers africain qui apparait « ancien » sur certains points, alors que l’autrice traite de sujet très (grave et) actuelle tout en nous projetant dans le futur. De plus, j’ai adoré le « système » de magie développé, à mille lieues de ce qu’on a l’habitude de lire. Je trouve qui reflète bien un certain univers mental des croyances où parfois superstition et magie ne font qu’un (je ne sais pas si je m’exprime bien) ; et où ces « juju » peuvent aussi bien faire le « mal » que le « bien ». Je trouve que c’est un gros point fort de ce récit, d’autant plus que l’héroïne n’est pas toute puissante.

 

Un autre très bon point, c’est son héroïne. La complexité du personnage la rend attachant puis que je l’ai trouvé parfois pénible. Ce sont les charmes de ces personnalités complexes, où s’irriter contre une de ces actions ne nous la rend que plus attachante. Mais ne parler que d’Onye ne serait pas rendre hommage à la palette de personnages – du plus ignoble au plus exaspérant en passant par les plus courageuses et sensibles – qui étayent cet ouvrage. Tous affichent des personnalités très travaillées.

 

Le livre aborde des sujets sensibles et graves. Mais jamais l’autrice ne tombe dans une sorte de pamphlet politique hargneux. Elle présente les choses avec une certaine distance, les dénonce. Le tout fait avec une plume apaisée et engagée qui ne tombe jamais dans une sordide crasse. L’horreur se dégage du récit par une plus belle subtilité.

 

Alors oui, j’ai été un peu déçu par ma lecture, car je m’attendais à autre chose. Il est vrai que je m’attendais à quelques choses de beaucoup glauques (vu la manière dont il m’a été vendu). Après, je ne suis probablement pas la lectrice type de par le genre utilisé et le mode de narration à la première personne. Mais le livre reste un bon roman.

 

Je vous le recommande si vous êtes amateur·trice·s du genre, mais aussi parce que c’est un ouvrage de fantasy africaine écrit par une autrice africaine. Et cela, ça ne court pas les étales des librairie.

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