Le testament de William S.

« Les aventures de Blake et Mortimer, T.24 : Le testament de William S. » est une BD d’Yves Sente pour le scénario, André Juillard pour le dessin et Madeleine Demille pour la couleur.

 

Synopsis :

Nos héros les plus british mènent l’enquête sur le plus british des dramaturges : William Shakespeare of course !
Mais qui est-il vraiment ?
Entre l’Angleterre et l’Italie, Philip Mortimer et Elizabeth, la fille de Sarah Summertown, résolvent des énigmes plus ardues les unes que les autres.
Entre-temps, Francis Blake enquête sur une bande organisée de Hyde Park.
Une course contre la montre et des révélations en série : un très grand Blake et Mortimer signé Yves Sente et André Juillard !

 

Couverture de la BD

 

Avis :

Un tome qui se lit bien, mais qui a des problèmes de scénario et de rythme.

 

J’attends toujours avec impatience les nouvelles aventures de mes Britanniques (enfin, d’un Britannique et d’un Écossais) préférés. Mais depuis L’Onde Septimus, j’ai pas mal d’angoisse, car ce tome était très décevant. Bref.

Cet album est franchement sympa et je l’ai lu avec plaisir. Cependant, il souffre de pas mal de problèmes de scénario, qui s’ils ne gâchent pas l’histoire ne lui donne pas la force qu’il aurait pu avoir.

 

Le premier problème vient du rythme. Nous sommes dans un contre-la-montre, mais à aucun moment nous ne sentons la tension ou la tonicité que ce type de situation doit produire. Les personnages ne sont pas « speed ». Cette situation de calme malgré le temps qui passe est accentuée par le dessin (j’en parle après). Je pense que des chronomètres dans le haut des casses auraient été pouvoir donner de la vitesse (un peu comme dans le dernier tome du Secret de l’Espadon lors de l’attaque de la base secrète) à ce contre-la-montre bien mou.

Ce problème de dynamisme se retrouve aussi dans le dessin. Quand je vois la scène de colère d’Olrik à la fin de l’Affaire du collier et sa colère à la fin de tome, j’ai envie de rire ! Que c’est mou ! Franchement, on change le dialogue de la bulle, on ne voit pas que le colonel est en colère. Les images sont assez statiques, et ce de plus en plus au fur et à mesure que l’intrigue avance. Ce qui devrait être le contraire, car nous sommes dans un contre-la-montre.

Toujours sur le dessin, il y a parfois des manques de subtilités… comment que ça se voit que le mec, là, derrière, il est louche !

Ensuite, il y a des choses inutiles qui n’apportent rien à scénario. Je pense principalement à l’évitement de l’accident avec Mortimer et Elizabeth qui ne sert à rien, si ce n’est peut-être de l’action et du dynamisme dans un moment de creux… ce qui ne démontre que plus le problème de rythme de ce tome.

 

J’avoue une certaine déception pour les personnages féminins. Certains tomes ont très bien réussi à les intégrer, mais là je trouve qu’on tombe dans des clichés limites sexistes. Genre la nana, Sarah, qui se fait une entorse en courant pour fuir, ce qui 1) la met en position de femme à sauver, 2) permet de la remplacer par une demoiselle (la fille de cette dernière) (parce que oui, une femme de presque cinquante dans le feu de l’action, ça craint un peu…). D’autant plus désagréable que Sarah a déjà prouvé sa valeur d’aventurière dans d’autres tomes.

Ladite demoiselle, Elizabeth, est une tentative un peu ratée de faire une femme de caractère. Elle ne sert pas à grand-chose dans l’intrigue – elle a beau être une experte de Shakespeare, on a l’impression que Mortimer pourrait se démerder tout seul. De plus, ce n’est pas parce qu’elle sait faire du karaté (oui, du karaté) qu’elle est une femme « forte », surtout qu’elle n’apporte rien.

Cependant, on pourra reconnaitre au scénariste d’avoir fait un effort pour introduire plusieurs femmes dans le paysage même si elles n’ont pas de très grands rôles. Elizabeth et sa mère ne subissent pas de complexe de la schtroumpfette.

 

Le scénario met en place un « autre méchant ». Ce n’est pas mal dans le principe, car il permet de donner un rôle à Blake (qui, soyons honnêtes, est souvent délaissé pour Mortimer). Cependant, ce « nouveau méchant » n’a pas le charisme d’Olrik qui, même en prison, est capable de mener ses affaires presque à bien.

À ce sujet, j’espère que les prochains tomes réussiront à renouveler notre colonel préféré. Il est grand temps que monsieur se remette à ses propres affaires, comme dans la Grande Pyramide, et plus forcément d’œuvrer pour les autres.

 

La recherche des origines sur Shakespeare est une idée sympa. En plus, elle permet de mettre en scène des affaires anglo-anglaises que j’ai bien aimées et, surtout, les petites guerres des clubs de soutiens, des sociétés de protections, etc. Et de voir comment un « simple » différend peut amener à certaines extrémités plus pour ne pas perdre la face plus que pour mettre en lumière la vérité. Bref, j’ai aimé cet aspect de ce récit.

 

Je suis bien avoué que je trouve la couverture dégueulasse ! Sérieux ! Elle est nulle de nulle ! C’est une des cases d’une planche, avec des couleurs et un rayon de soleil en plus ! Grosse déception ! Il n’y a eu aucun effort à ce niveau là.

 

Je pense que ce tome, qui n’est pas mauvais à mon sens, manque d’ambition et surtout de travail. Il y a un goût d’inachevé et de superficiel qui vole sur cet album.

 

Un tome avec pas mal de défauts, mais que j’ai lu tranquillement. Il n’est pas mauvais, mais aurait pu être beaucoup mieux. Je ne suis pas sûre qu’annualisation des albums de Blake et Mortimer soit une bonne chose si ces derniers sont bâclés.

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