L’ensorceleuse de Pointe-Levy

« Le crépuscule des arcanes, T.01 L’ensorceleuse de Pointe-Lévy » est un roman de Sébastien Chartrand.

 

Synopsis :

Faustin Lamare, vingt-deux ans, mène une vie agréable à Notre-Dame des Tempérances, où il est bedeau. Au presbytère, où il habite avec son oncle curé, Faustin a pour ami François Gauthier, vicaire de la paroisse… et apprenti sorcier. Tout dévoués qu’ils soient envers leurs ouailles, le curé Lamare et son vicaire sont les survivants d’un ordre arcaniste que le grand choléra de 1836 et la révolte des Patriotes ont décimé. Un incident mineur – le vol d’une lettre – marque pour Faustin la fin de l’innocence. Car la magie ne se limite pas à des gestes anodins tel allumer sa pipe sans allumette : elle permet, entre autres, d’exercer la divination qui envoie Faustin et François chez le maire Latulipe, juste après qu’un mystérieux étranger ait enlevé sa fille. Pourquoi les membres du Stigma Diaboli ont-ils enlevé Rose Latulipe? Que veulent-ils à Faustin, à François ? Et qui est donc leur maître, ce Bel Étranger en apparence immortel ? La rencontre de Shaor’i, une Indienne capable de prendre la forme d’un harfang, lance les deux amis sur des sentiers inconnus, d’abord pour recevoir l’aide du chaman Otjiera, puis vers le Mont à l’Oiseau de sinistre réputation, avec pour guide l’homme fort Baptiste Lachapelle. En route, Faustin découvre que les créatures des contes sont réelles : lutins, loups-garous, jack mistigri et bête à grand’queue… Mais rien ne sera plus sinistre que l’exhumation de celle qu’on surnommait l’Ensorceleuse de Pointe-Lévy : la Corriveau, qui fut pendue dans une cage de fer.

 

 

Avis :

D’abord, je tiens à remercier les éditions Alire pour ce SP.

 

Un livre que j’ai été heureuse de découvrir, mais qui souffre de quelques défauts.

 

Cette année, j’ai décrété que ce serait l’année des découvertes. Avec ce livre, je fais un coup triple ! Un livre d’une maison d’édition que je ne connaissais pas, d’un jeune auteur et mon premier roman canadien…enfin québécois !

 

Du fait de son origine outre-Atlantique, le livre aura, pour nous lecteur.trice.s français.ses, un petit souci : le vocabulaire. Bon, n’ayez pas peur, le livre se lit très bien et il n’y a pas vraiment de difficulté notoire, car si parfois une expression nous échappe, on la comprend vite grâce au contexte. Ceci dit, il y a eu de nombreux mots de vocabulaire que j’ai dû chercher.

J’avoue que parmi ces mots, je crois que c’est « verge » qui m’a fait délirer. Je vous vois, petit.e français.e en train de ricaner ! Le mot « verge » au Québec est une unité de mesure. Pour toi, ami.e canadien.ne qui passe par là, si tu ne le sais pas, « verge » est un synonyme de « pénis ». Bon, histoire de creuser encore un peu, c’est bien beau que la verge soit unité de mesure, mais ça équivaut à quoi ? J’avoue que je n’ai pas été très avancé quand Wikipédia m’a dit parler d’une équivalence…en pied… Ça me faisait une belle jambe… Bref, on va arrêter ici avec les tentatives pourries de jeux de mots et revenir à notre livre.

 

L’auteur nous livre ici un premier roman que j’ai trouvé très sympathique. L’ouvrage est assez dense malgré son format et ses 400 pages. Le style d’écriture reste classique dans son genre, mais passe très bien (outre les petits soucis de vocabulaire, mais ça, je ne peux pas lui en tenir rigueur).

J’ai beaucoup aimé l’ambiance du récit, le Québec du XIXe (car j’avoue que hormis les Enquêtes de Murdoch, le Canada… mon inculture est de 0). J’apprécie ses ambiances sauvages et enneigées.

 

Ce livre est un premier tome – mais qui peut se lire tout seul – et parfois je l’ai ressenti dans l’intrigue, car j’avais souvent eu l’impression d’entre dans des passages introductifs. Cela permet de bien appréhender l’univers dans lequel évoluent les personnages.

Un défaut par ailleurs est son manque de rythme. Ce n’est certes pas un roman d’aventure pure, mais par moment j’ai trouvé que ça manquait d’action ou d’intensité, que ce soit dans les péripéties ou dans les sentiments des protagonistes.

Un autre défaut, mais qui n’est pas lié au livre, mais à moi, c’est que je suis passé complètement à côté de très nombreuses références historiques. D’ailleurs, l’auteur en parle un peu en postface. Ne connaissant rien à l’histoire du Canada, il est probable que je n’ai pas su saisir la portée de certaines informations.

 

Les personnages sont sympathiques bien que Faustin et François soient un peu « lisses » à mon goût. Je pense qu’ils auraient pu être plus approfondis, plus détaillés. On ne retrouve pas ses défauts chez Baptiste ou chez Saor’i.

J’ai beaucoup aimé que l’auteur mette en scène des membres des communautés amérindiennes, dont le personnage principal féminin est issu.

Mais le contre-pied serais que j’ai trouvé qu’il manque un peu de personnage féminin de premier plan malgré les efforts de l’auteur pour en intégrer plus en secondaires ou tertiaires.

Il faut quand même insister sur les efforts apportés.

 

Je crois que ce que j’ai le plus aimé dans l’ouvrage c’est la magie, les arcanes. L’aspect très scientifique colle très bien à l’ambiance du récit. Mais je crois que le meilleur dans tout ça, c’est les idées qui entourent les métamorphoses. En effet, les individus se métamorphosant prennent des traits de caractère de l’animal qu’ils incarnent (c’est pour ça que Saor’i est parfois vieille chouette).

 

En relisant cette chronique, je passe beaucoup de temps à parler des défauts de l’ouvrage plus que de ces qualités. J’avoue que j’ai plus de facilité à trouver les petites imperfections parce que le livre m’a bien plu.

 

Pour un premier livre, je trouve que l’auteur s’en sort rudement bien avec des idées très intéressantes, surtout pour la suite des choses. Suite que j’espère cependant un peu plus sombre et peut-être plus rythmée.

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